RESPIRE
Cultivons ce qui nous rend irremplaçable
L'école peut redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : un lieu de plaisir et de curiosité, tout au long de la vie.
Dans nos micro-classes, vous choisissez quoi étudier, avec d'autres qui apprennent à vos côtés. Vous posez les questions, naviguez l'incertitude, créez du lien : ce qui devient rare lorsque l'IA répond à presque tout.
Ce que vous construisez devient votre portfolio : des preuves réelles de ce que vous savez faire. Pas un diplôme — une trace.
L'IA vous accompagne. Le groupe vous confronte. Un tuteur vous guide sur le temps long.
Gratuit. Compatible avec une scolarité ou un emploi.
Pour aller plus loin
Le mot "école" vient du grec scholè, qui signifie "loisir". Pour les Grecs, c'était le temps libre consacré à la culture de l'esprit — philosophie, arts, gymnastique, conversation. L'école n'était pas une préparation à quoi que ce soit. Elle était une fin en soi.
La révolution industrielle a transformé cette scholè en son contraire : une institution de préparation à l'emploi. R0.1 Respire propose de retrouver cette vocation originelle.
Lorsque l'IA répond à presque tout, ce qui devient rare, ce sont nos compétences humaines. Tandis que l'école traditionnelle continue de noter ce que les machines font mieux que nous, Respire valorise ce qu'elles ne peuvent pas faire : la collaboration, la créativité, la résolution de problèmes inédits, la construction de sens. R0.2
Le diplôme dit ce que vous avez étudié. Le Portfolio montre ce que vous savez faire. C'est une cartographie dynamique de vos compétences en action — des preuves tangibles, validées par vos pairs, analysées par l'IA, supervisées par un tuteur humain. R0.3
De l'ère industrielle à l'ère des IA
Vous pensez que le système actuel fonctionne ? Regardez les chiffres. Votre enfant passe 15 000 heures à l'école. Dans dix ans, il aura oublié 95% de ce qu'on lui a fait mémoriser — et l'IA saura faire le reste.
L'école transmet des savoirs que l'IA possède déjà. Elle évalue ce qui est facile à mesurer (mémorisation, restitution) et ignore ce qui compte vraiment (collaboration, persévérance, créativité). Le système de notation — la "constante macabre" d'Antibi — produit mécaniquement un quota d'échecs, indépendamment du niveau réel des élèves. C'est un système de tri social déguisé en mesure pédagogique.
Le diplôme ne discrimine plus. 200 CV identiques pour un poste, mêmes formations, même lettre de motivation rédigée par une IA. Une étude Stanford de 2025 montre une chute de 20% de l'emploi des jeunes diplômés dans les secteurs exposés à l'IA — parce que l'IA remplace précisément les tâches d'entrée de gamme que le diplôme était censé valider.
La "forme scolaire" — classes d'âge, programmes, examens — résiste à toute réforme parce qu'elle est inscrite dans l'architecture même de l'institution. On ne peut pas greffer des pratiques nouvelles sur une structure ancienne. Il faut construire ailleurs.
Pour aller plus loin
Jusqu'à hier, savoir c'était stocker de l'information pour la restituer. C'était un modèle de rareté. Aujourd'hui, le rapport au savoir change. R1.1 Avec l'IA générative, la "réponse" est devenue une commodité — instantanée, gratuite, accessible à tous.
Si la réponse ne vaut plus rien, qu'est-ce qui a de la valeur ? La capacité de poser la bonne question. La capacité de naviguer dans l'incertitude. La capacité de construire du sens dans le chaos.
L'école évalue ce qui est facile à mesurer : la restitution de connaissances. Elle ignore ce qui est difficile à mesurer mais crucial : la capacité à collaborer, à persévérer, à reformuler un problème, à gérer l'incertitude.
Ces compétences "invisibles" sont précisément celles que l'IA ne peut pas reproduire — et que le marché du travail valorise de plus en plus.
Une étude de l'Université Stanford publiée à l'été 2025 montre que dans les secteurs exposés à l'IA générative, l'emploi des jeunes diplômés a chuté de 20%, tandis qu'il augmente pour les profils expérimentés. R1.2
L'interprétation est claire : l'IA remplace les tâches d'entrée de gamme. Le diplôme sans expérience prouvée ne suffit plus à se différencier.
André Antibi a démontré que le système de notation produit mécaniquement un quota d'échecs, indépendamment du niveau réel des élèves. R1.3 Les travaux de Crahay confirment les effets délétères de ce système sur l'estime de soi et les croyances des élèves concernant leur propre intelligence. R1.4
La note ne mesure pas ce que vous savez faire — elle vous classe dans une distribution. C'est un système de tri social déguisé en mesure pédagogique. Ce système génère ce que Le Bossé appelle l'impuissance apprise : la conviction, acquise par l'expérience répétée de l'échec, qu'on ne peut rien changer à sa situation. R1.5
Guy Vincent a théorisé la "forme scolaire" : l'organisation spatio-temporelle de l'école (classes d'âge, programmes, examens) crée une inertie systémique. R1.6
Cette "grammaire de l'école" résiste à toute réforme parce qu'elle est inscrite dans l'architecture même de l'institution. R1.7
Non. Les outils et pédagogies que nous utilisons existaient bien avant l'IA : carnets de bord, entretiens humains, validation collective. Respire est l'aboutissement de 30 ans de recherche-action sur l'évaluation des compétences transversales.
L'IA n'est pas le cœur de notre pédagogie. Ce n'est qu'un accélérateur — un outil pour passer à l'échelle ce qui n'était avant possible qu'avec de petits groupes. R1.8
Respire a été conçu pour compléter l'enseignement traditionnel. Vous pouvez faire Respire en parallèle de l'école, à votre rythme. Les sujets sont totalement libres — y compris vos projets scolaires.
L'école vous décerne un diplôme sur des savoirs que l'IA sait déjà faire. Respire évalue les compétences que l'IA ne peut pas remplacer. Vous aurez les deux.
Vous avez raison. L'école remplit des fonctions que nous ne cherchons pas à remplacer : garderie, creuset social, lieu de rencontre. Respire n'est pas une alternative à l'école — c'est un complément de l'école.
Ce que nous disons "échouer", c'est la promesse spécifique de préparer à l'emploi par la transmission de savoirs. Cette fonction-là est obsolète. Les autres restent.
La motivation intrinsèque n'est pas un trait fixe — c'est un état qui émerge dans certaines conditions. Bandura et Viau ont montré qu'elle dépend de la valeur perçue de la tâche et du sentiment de compétence. R1.9, R1.10
Un élève "démotivé" à l'école peut être passionné par autre chose. Respire permet de partir de cette passion. Mais certains élèves ne sont pas simplement "démotivés" — ils sont, comme le montre Boimare, empêchés de penser par la peur d'apprendre elle-même. R1.11 Pour eux, l'impuissance apprise s'est installée. Notre pédagogie vise précisément à restaurer le pouvoir d'agir.
L'Architecture Respire
L'école traditionnelle demande à l'enseignant d'être à la fois expert, policier, psychologue et administrateur — une charge impossible. Respire fonctionne parce que nous avons désassemblé ces fonctions pour les redistribuer là où elles sont les plus efficaces.
L'IA devient mentor socratique. Elle pose des questions plutôt que de donner des réponses. Elle aide à structurer la réflexion, maintient la mémoire longue du parcours. Elle libère le tuteur humain pour qu'il se concentre sur l'irremplaçable : accompagner une trajectoire de vie, partager l'émerveillement.
La micro-classe remplace la classe de 30. Quatre à six personnes travaillent ensemble sur un projet réel. C'est le seuil optimal pour que chacun puisse prendre la parole, pour que les passagers clandestins soient impossibles, pour que le groupe soit plus intelligent que la somme de ses membres.
Six rôles forment un cycle vertueux. L'Apprenant développe ses compétences Manuel. L'Accompagnant facilite le groupe Manuel. Le Tuteur guide les trajectoires sur le temps long En cours. L'Éclaireur cartographie les territoires du savoir A venir. Le Maître forme les tuteurs et garantit la charte En cours. L'Association maintient les outils et facilite la recherche. Celui qui reçoit aujourd'hui donne demain — on ne peut pas ouvrir un groupe Respire sans avoir été apprenant Respire.
Le portfolio remplace la note. Plus d'examens à bachoter. Votre portfolio documente vos compétences en action. Chaque trace est validée par triangulation : les pairs attestent de la contribution réelle, l'IA analyse et génère la cartographie, le tuteur vérifie la cohérence globale.
En complément de l'école traditionnelle, nous précaunisons de travailler au minimum une demi-journée par semaine. En remplacement de l'école traditionnelle, nous estimons que deux heures par jour suffisent. Le droit à l'erreur est infini. L'erreur n'est pas une faute — c'est une information.
Pour aller plus loin
L'IA ne "donne pas cours". Elle pose des questions (méthode socratique), aide à structurer la réflexion, maintient la mémoire longue du parcours. R2.1
Elle libère le tuteur humain pour qu'il se concentre sur l'irremplaçable : accompagner une trajectoire de vie, partager l'émerveillement.
L'unité de base est le groupe de 4-6 personnes travaillant sur un projet commun. C'est le seuil optimal pour que chacun puisse prendre la parole, pour que les passagers clandestins soient impossibles. R2.2, R2.3
C'est la Zone Proximale de Développement de Vygotski : on apprend d'abord en collaboration avant d'intérioriser. R2.4
L'IA ne sait pas gérer le désaccord, l'émotion ou la négociation. C'est le rôle du groupe. C'est dans la confrontation avec l'altérité que se forgent les compétences irremplaçables : négociation, empathie, construction collective. R2.5
L'IA fournit le contenu, mais c'est le groupe qui construit le sens — ce que Bassis appelle l'auto-socio-construction du savoir. R2.6
L'Apprenant développe ses compétences au sein d'une micro-classe, documente ses apprentissages dans un portfolio.
L'Accompagnant est un pair plus avancé qui facilite le groupe, organise les réunions, contacte un tuteur. Passage obligatoire pour valider certaines compétences sociales.
Le Tuteur est un ancien apprenant devenu membre de l'association. Il veille à la sécurité psychologique, suit les parcours sur le temps long, génère les cartographies. R2.7
L'Éclaireur est un expert (chercheur, passionné) qui documente des territoires du savoir : concepts pivots, ressources fondatrices, controverses. R2.8
Le Maître est un ancien tuteur qui forme les nouveaux tuteurs et garantit la charte.
L'Association (Harmonia Éducation) maintient les outils, facilite la recherche, gère l'accès entreprises.
L'école traditionnelle impose un itinéraire d'apprentissage structuré (le programme) que tout le monde doit suivre à la même vitesse.
Dans les écoles Respire, nous proposons à chaque micro-classe d'explorer des territoires de savoir. Nos éclaireurs qui se sont passionnés pour un sujet, en on identifié les concepts clés, les ressources vitales en ligne et les zones de controverse. Ils pavent avec d'autres les chemins du savoir dans WikiUniversity, vous laissant libre de choisir votre itinéraire.
Plus de notes. Votre Portfolio documente vos compétences en action sur des tâches authentiques choisies par le groupe apprenant. R2.9 R2.10 L'évaluation vise l'autonomie, pas la dépendance — c'est ce que Zimmermann-Asta appelle une évaluation autonomisante. R2.11 Chaque trace est validée par triangulation :
- Les pairs attestent de la contribution réelle
- L'IA analyse et génère la cartographie
- Le tuteur vérifie la cohérence globale
Le système génère ses propres ressources. Celui qui reçoit aujourd'hui donne demain. On ne peut pas ouvrir un groupe Respire sans avoir été apprenant Respire. R2.12
C'est ce qui assure la gratuité pour les apprenants et la cohérence de la transmission. Ce passage de la régulation externe à l'auto-régulation est au coeur de l'évaluation autonomisante. R2.13
Questions sur l'IA
Ne confondez pas Respire avec une simple conversation ChatGPT. Nous utilisons des System Prompts structurants pour configurer des agents aux rôles distincts :
- L'Agent Socratique : Interdiction de donner la réponse. Il est configuré pour la maïeutique (questionnement).
- L'Agent Mentor : Inspiré de Feuerstein R2.14, il n'enseigne pas le sujet mais la méthode. Il force l'explicitation ("Comment as-tu fait ?").
- L'Agent Réflectif : Il analyse les traces pour pré-remplir le portfolio, agissant comme un miroir objectif.
Contrairement à un prof qui pousse l'élève, l'IA de Respire est configurée pour être passive. Si l'apprenant ne formule pas d'intention, il ne se passe rien. Cette "dormance" architecturale force l'élève à sortir de la posture de consommateur pour activer sa propre volonté.
Les apprenants utilisent l'IA de leur choix. Les tuteurs utilisent Google Gemini, intégré à Google Workspace, pour générer les cartographies de compétences dans le respect de la RGPD. Nos prompts sont open source. Si vous souhaitez une IA souveraine pour héberger toutes vos données en local, nous pouvons vous conseiller. Il n'y pas de restriction d'usage : le savoir est un bien qu'il faut partager.
Vos conversations sont stockées dans votre Google Drive personnel. Le tuteur n'y a accès que si vous choisissez de les partager. Vous pouvez supprimer vos données à tout moment.
Seul avec ChatGPT : vous obtenez une réponse, vous la copiez, vous oubliez.
Avec Respire : l'IA vous pose des questions, vous confrontez vos réponses au groupe, vous documentez votre raisonnement, un tuteur vous aide à prendre du recul.
L'IA seule ne développe pas vos compétences. L'IA + groupe + tuteur + portfolio, oui. De plus, l'IA peut réduire ce que Sweller appelle la charge cognitive extrinsèque — tout ce qui encombre la mémoire de travail sans contribuer à l'apprentissage — pour libérer des ressources pour l'essentiel. R2.15
La métacognition est au cœur de notre pédagogie précisément pour cette raison. L'objectif est de former des penseurs autonomes qui savent quand utiliser l'IA et quand s'en passer.
L'inhibition cognitive — résister à la réponse immédiate — est explicitement travaillée. R2.16 La vigilance critique face aux algorithmes fait partie de cette autonomie : comme le montre O'Neil, les algorithmes ne sont pas neutres et leurs biais doivent être questionnés. R2.17
La Pédagogie de l'Émergence
Nous ne transmettons pas des savoirs — nous créons les conditions pour que l'intelligence, la motivation et le sens émergent naturellement des situations d'apprentissage.
L'intelligence est reliée. On apprend d'abord ensemble avant d'intérioriser. La micro-classe est une Zone Proximale de Développement permanente où le groupe débat, négocie le sens, co-construit la solution. Ce qui émerge : négociation du sens, gestion de l'émotion, compétences relationnelles.
La motivation est cultivée, pas imposée. La note détruit la motivation intrinsèque. Nous construisons le "sentiment d'efficacité personnelle" de Bandura : la croyance en sa propre capacité, basée sur l'expérience répétée du succès. Le projet réel restitue la "saveur des savoirs" d'Astolfi : le plaisir de comprendre quelque chose qu'on ne comprenait pas. L'émotion n'est pas un obstacle à l'apprentissage — c'est son carburant. R3.1
La compétence se prouve par l'acte. Tardif définit la compétence comme un "savoir-agir complexe" qui ne se vérifie que dans l'action. Le portfolio permet cette évaluation authentique. L'évaluation par les pairs développe la réflexivité : en évaluant l'autre, j'apprends à m'évaluer moi-même. Le transfert des compétences à de nouveaux contextes exige un travail spécifique. R3.2
Apprendre à apprendre est le cœur. La métacognition — la conscience de ses propres processus mentaux — est le facteur ayant le plus fort impact sur la réussite selon les méta-analyses de Hattie. R3.3 On ne demande pas seulement "qu'as-tu appris ?" mais "comment as-tu appris ?". L'inhibition cognitive — résister à la réponse immédiate pour raisonner — est une compétence stratégique à l'ère de l'IA. R2.16 La gestion de la charge cognitive optimise les ressources attentionnelles. R3.5
La responsabilité se construit en pyramide. "C'est en enseignant qu'on apprend." Le passage de receveur à donneur accélère l'apprentissage en forçant une réorganisation des connaissances. L'épanouissement passe par la contribution au bien commun.
Les croyances sur l'intelligence sont malléables. Dweck a montré que la conception de l'intelligence comme fixe ou développable influence profondément l'engagement dans l'apprentissage. Crahay confirme que ces croyances se construisent dès l'école. R3.6
Pour aller plus loin
Dans un monde automatisé, nous ne formons pas seulement à des compétences, mais à des postures existentielles :
- La Maîtrise : Le plaisir intrinsèque de devenir excellent dans un domaine.
- La Création : Faire exister ce qui n'était pas là (l'humain comme homo faber).
- La Rencontre : Se confronter à l'altérité pour ne pas penser en rond.
- La Transmission : Donner ce qu'on a reçu pour s'inscrire dans une chaîne.
- L'Émerveillement : La capacité à questionner le monde.
Vygotski l'a démontré : on apprend d'abord en collaboration avant d'intérioriser. R3.7 La micro-classe est une Zone Proximale de Développement permanente. R3.8
Bassis a opérationnalisé cette intuition dans le contexte scolaire avec l'auto-socio-construction du savoir : le groupe est le lieu où les savoirs prennent sens. R3.9
Viau montre que la motivation repose sur la valeur perçue de la tâche et le sentiment de compétence. R1.10 Nous construisons le "sentiment d'efficacité personnelle" de Bandura : la croyance en sa propre capacité, basée sur l'expérience répétée du succès. R1.9
Le Bossé complète cette approche avec le Développement du Pouvoir d'Agir : restaurer la capacité d'influencer sa propre vie après l'impuissance apprise. R3.12 Reeve rappelle que l'affect n'est pas un obstacle mais le carburant même de la cognition. R3.1
Astolfi a décrit le plaisir de comprendre quelque chose qu'on ne comprenait pas. R3.13 Le projet réel restitue cette saveur. Ce plaisir épistémique est lui-même un affect — pas un supplément d'âme. R3.1
Mais certains élèves sont empêchés d'accéder à ce plaisir. Boimare montre comment la peur d'apprendre elle-même bloque la pensée. R3.14 Il ne s'agit pas de "remotiver" ces élèves, mais de restaurer les conditions du plaisir contre la peur.
Tardif définit la compétence comme un "savoir-agir complexe" qui ne se vérifie que dans l'action. R3.15 Le portfolio permet l'évaluation authentique. L'évaluation par les pairs développe la réflexivité. R3.16
Rey complète cette analyse en montrant que le transfert des compétences n'est pas automatique — il exige un travail spécifique de décontextualisation et recontextualisation. R3.2
On ne demande pas seulement "qu'as-tu appris ?" mais "comment as-tu appris ?". R3.17 L'IA joue un rôle de miroir, aidant à analyser ses stratégies.
L'auto-évaluation développe l'autonomie — c'est le cœur de l'évaluation autonomisante de Zimmermann-Asta. R3.18
Pour aller plus loin : hack-ton-cerveau.xyz
Houdé appelle cela la capacité à bloquer la réponse intuitive pour raisonner. R2.16 Savoir quand ne pas demander la réponse à l'IA est une compétence stratégique.
Résister à l'IA inclut aussi questionner ses biais. O'Neil a montré comment les algorithmes peuvent perpétuer et amplifier les inégalités. R3.19 La vigilance critique fait partie de l'autonomie.
Meirieu a analysé comment le passage de receveur à donneur accélère l'apprentissage. R3.20 L'épanouissement passe par la contribution au bien commun. R3.21
Fondements épistémologiques
Bachelard a montré que la connaissance se construit contre l'évidence. Les erreurs sont des obstacles à déconstruire. R3.22 L'école sanctionne l'erreur ; Respire en fait une information. R3.23
Rancière : toutes les intelligences sont égales. Le pédagogue soutient la volonté, pas l'explication. R3.24 En déléguant l'explication à l'IA, l'humain peut partager l'émerveillement.
Papert : l'apprentissage est ancré dans la production d'objets tangibles. R3.25 Le projet n'est pas une application du savoir, il est le lieu où le savoir se construit.
Masciotra prolonge cette idée : la compétence se développe en situation, dans l'action située. L'apprentissage par l'expérience active n'est pas une métaphore — c'est une nécessité cognitive. R3.26
Ces cadres ne sont pas des dogmes — ce sont des outils. Vygotski pour le social, Piaget pour l'individuel, Rancière pour l'émancipation, Bandura pour l'efficacité...
Nous les articulons pragmatiquement : le groupe pour la négociation du sens, l'auto-efficacité pour la persévérance, l'émancipation pour la posture du tuteur. Ce qui compte, c'est ce qui fonctionne.
Soyons honnêtes : le terme est notre synthèse. Mais chaque composante est solidement étayée : métacognition R3.3, apprentissage coopératif R2.3, évaluation par compétences R3.15, motivation intrinsèque R3.27.
Ce qui manque, c'est la validation de leur combinaison spécifique. C'est pourquoi nous prévoyons un partenariat avec la HEP Lausanne.
MOOC : Apprentissage solitaire, taux de complétion <10%. Respire = groupe + tuteur + portfolio.
Communautés : Informelles, pas de structure d'évaluation. Respire = cadre structuré + engagements réciproques.
Tiers-lieux : Espace physique ponctuel. Respire = parcours suivi dans le temps.
Ce qui nous distingue : la triangulation de l'évaluation et le cycle vertueux (apprenant → tuteur).
Notre Vision
L'école met dix ans à changer un programme. L'IA met six mois à rendre une compétence obsolète. Nous n'avons pas le temps d'attendre une réforme. Respire existe pour que n'importe qui puisse ouvrir une groupe de travail demain — sans permission, sans budget, sans délai.
Nous entrons dans une époque étrange où la réponse est devenue une commodité. L'école d'hier remplissait des vases. L'école d'aujourd'hui allume des feux. Dans ce monde de réponses automatiques, une chose devient précieuse entre toutes : la capacité de poser la bonne question.
En 1997, pour la première fois l'IA a battu Kasparov, le champion du monde d'échecs. On a alors cru que le jeu d'échec allait mourir. C'est l'inverse qui s'est produit : il n'y a jamais eu autant de joueurs humains qu'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que l'IA a rendu l'entraînement accessible à tous, sans jamais remplacer le plaisir de la rencontre humaine.
Respire fait le même pari pour l'éducation : l'IA ne rend pas l'apprentissage obsolète, elle le débarrasse de l'utilitarisme pour nous permettre de nous concentrer sur ce qui compte : la stratégie, la créativité et le plaisir du jeu. L'école de demain cultivera le plaisir d'apprendre et la curiosité intrinsèque qui fait de nous des humains.
Pour aller plus loin
Le mot "école" vient du grec scholè : loisir. Pour les Grecs, l'éducation était une fin en soi. R4.1
Respire anticipe un futur où l'apprentissage sera choisi parce qu'il donne du plaisir et du sens.
Selon l'OCDE, certaines compétences techniques deviennent obsolètes en 2 ans. R4.2 Seul l'apprendre à apprendre reste constant. L'apprennant doit devenir chercheur de sont propre devenir. L'éducation n'est pas un tunnel avec une sortie. C'est une respiration continue.
Certaines choses ne peuvent pas être automatisées — non par limitation technique, mais par nature :
- La mortalité : l'IA ne meurt pas, l'humain si.
- La responsabilité : l'IA conseille, elle ne décide pas.
- L'incarnation : sentir le vent, tenir une main.
- La vulnérabilité : l'IA n'a pas besoin d'aide.
Les pédagogies précédentes répondaient à des contextes spécifiques : société industrielle, alphabétisation de masse. Elles étaient datées.
La Pédagogie de l'Émergence répond à la question permanente : comment aider un être humain à devenir pleinement humain ? Comment lui apprendre à développer son savoir-devenir en toute autonomie ? R4.3, R4.4
Notre vision ne suppose pas la disparition du travail — elle s'y prépare comme une possibilité.
Si le travail disparaît, nous aurons formé des humains capables de donner du sens à leur vie sans emploi. Si le travail persiste, nous aurons formé les profils les plus recherchés. Dans les deux cas, nous gagnons.
L'éducation à deux vitesses existe déjà : cours particuliers, écoles privées, réseaux...
Notre réponse est la gratuité totale et le passage à l'échelle. Si Respire ne fonctionnait que pour une élite, ce serait un échec. Notre architecture est conçue pour éviter ce piège.
Partiellement vrai. C'est pourquoi Respire fonctionne en parallèle d'une scolarité (une après midi par semaine) ou d'un emploi (max. 2h par jour).
Le portfolio documente des compétences professionnellement valorisables. Ce n'est pas "apprendre pour le plaisir" contre "apprendre pour l'emploi" — c'est les deux.
Le point de vue de l'employeur
Le diplôme est devenu un signal bruité. 200 CV identiques pour un poste, mêmes formations, même lettre de motivation rédigée par une IA. Le recruteur ne sait pas qui sait vraiment faire quoi.
Le CV dit, le portfolio montre. Le CV dit "Gestion de projet — niveau avancé". Le portfolio le montre : un projet réel où la personne a navigué, galéré, rebondi. Les traces des conversations, le moment où elle a reformulé le problème, l'évaluation de ses pairs — tout est documenté et vérifiable. La compétence se développe en situation — le portfolio documente ces situations.
La triche est difficile. Dans une micro-classe de 4-6 personnes, chacun sait ce que l'autre a vraiment fait. La validation par les pairs est une attestation humaine. Le portfolio contient l'historique des conversations, des itérations, des blocages. Un recruteur peut demander au candidat d'expliciter sa démarche sur n'importe quel élément.
Pas de référentiel fermé. Les compétences documentées sont descriptives : elles disent ce que la personne a fait, pas dans quelle case elle rentre. Nous basons nos cartographies sur un référentiel de compétences post-AGI co-construit avec la société civile sur notre plateforme.
Déploiement progressif. Dès 2026, nous travaillons en petits groupes, Google Drive, entretiens d'explicitation — validation humaine d'abord. Les partenaires recruteurs consultent les cartographies pour nous dire : est-ce mieux qu'un CV ? Est-ce que ça vous aide vraiment à trouver le bon candidat ? Si oui, parlez-en. Si non, dites-nous ce qui vous manque sur et nous l'intègrerons.
Gratuit pour les apprenants. Toujours.
Gratuit pour les entreprises durant la phase de lancement. A terme, les entreprises pourraient être sollicitées pour nous soutenir financièrement et permettre le développement d'outils open sources pour que chaque école puisse héberger son IA souveraine et ses portfolio.
Pour aller plus loin
L'étude Stanford 2025 montre que l'IA remplace les tâches d'entrée de gamme que le diplôme était censé valider. R5.1 Le diplôme sans expérience prouvée ne suffit plus à se différencier.
Trois garde-fous :
- Les pairs : dans une micro-classe, chacun sait ce que l'autre a vraiment fait.
- Les traces : l'historique des conversations, itérations, blocages.
- L'entretien : demander au candidat d'expliciter sa démarche.
La triche reste possible, mais plus difficile qu'avec un diplôme traditionnel.
Nous n'imposons pas de référentiel fermé. Les compétences documentées sont descriptives : elles disent ce que la personne a fait.
Pour les entreprises qui ont besoin de mapper sur ESCO ou ROME, l'IA peut générer une correspondance. Mais nous pensons que les référentiels figés seront obsolètes avant d'être utiles.
Le portfolio documente la situation dans la quelle la compétence a été acquise et aussi les conditions du transfert — dans quels contextes la compétence a été mobilisée, car le transfert n'est jamais automatique. R5.2, R5.3
Depuis l'arrivée des IA, les diplômes d'État valident assez souvent des compétences déjà périmées. Pour contrer cette inertie, Respire adopte la référentialisation dynamique (Figari R5.4).
Plutôt que de suivre un référentiel figé, nous co-construisons les critères en temps réel avec la société civile via Decidim. Le portfolio valide l'adéquation aux besoins du présent, pas la conformité à un programme passé.
Aucune au sens réglementaire. Un portfolio n'est pas un diplôme d'État.
Sa valeur est pratique : c'est une preuve de compétence plus riche et plus vérifiable qu'un CV.
2026 : petits groupes, Google Drive, entretiens d'explicitation. Les partenaires recruteurs consultent les cartographies pour nous dire : est-ce mieux qu'un CV ? R5.5
2027 : la première cohorte formée à la pédagogie de l'émergence gèrent leurs propres micro-classes en toute autonomie. Partenariat avec la HEP Lausanne pour valider la pertinence du modèle.
2028 : croissance organique. Transformation en fondation d'utilité publique. Développement de la plateforme EduFolio open source pour offrir notre propre IA souveraine à tous.
Je suis élève ou étudiant
1. Tu trouves 3 à 5 personnes intéressées par un sujet commun.
2. Vous choisissez un projet concret.
3. Vous contactez un tuteur via notre plateforme.
4. Vous travaillez 2h/jour en asynchrone + un point hebdomadaire.
5. Vous documentez tout dans votre portfolio.
Note : Les premières cohortes démarrent en 2026. Inscris-toi sur Decidim pour être informé.
La plateforme Decidim permet de trouver des personnes avec des intérêts communs. Tu peux aussi rejoindre une micro-classe existante.
Pas directement. Mais un portfolio peut enrichir ton dossier (rubrique "Activités") ou tes lettres de motivation.
Les sujets sont libres. Tu peux travailler sur tes projets scolaires dans Respire, si tu es encore à l'école. Tu obtiendras ton diplôme papier d'un côté et la cartographie de tes compétences humaines de l'autre ! Respire permet d'explorer. Tu peux commencer par n'importe quel sujet qui t'intrigue.
Je suis parent
Christian Andany — Chercheur indépendant en sciences cognitives et éducation. 25 ans en développement logiciel, enseignant depuis 2013. Auteur de travaux sur l'évaluation humaniste.
Stéphane Bernardini — Spécialiste en intelligence artificielle. 20 ans en IT et Sécurité, enseignant depuis 2009. Créateur d'Aurora et du collège d'agents.
Non. Respire n'est pas une école au sens légal. Nous prévoyons un partenariat de recherche avec la HEP Lausanne.
D'anciens apprenants qui ont complété le parcours. Formés par un maître, adhérents à l'association et à sa charte.
Sur Google Drive, serveurs européens (conformité RGPD). Suppression possible à tout moment.
Oui, gratuit pour les apprenants. Toujours. Voici comment :
- Portfolio : Google Drive et Google Docs.
- IA : celle de votre choix, nous fournissons les prompts.
- Tutorat : les apprenants plus avancés transmettent car ça fait partie de leur formation.
- Zéro locaux : l'école est partout — en ligne, dans des cafés, chez vous.
Les apprenants deviennent accompagnants, puis tuteurs. Chaque tuteur peut ouvrir un groupe local, n'importe où dans le monde. Le savoir circule sans jamais s'épuiser.
La dette de transmission : La gratuité n'est pas subventionnée, elle est structurelle. Le passage au rôle d'Accompagnant n'est pas une option bénévole : c'est une étape obligatoire du cursus. L'apprenant "paye" sa formation en formant les suivants.
Je suis enseignant ou chercheur
Notre ingénierie pédagogique n'est pas une improvisation. Elle synthétise 30 ans de travaux en socio-constructivisme (Vygotski), psychologie cognitive (Bandura, Sweller) et évaluation située (Tardif).
Nous avons compilé l'intégralité de notre cadre théorique, les références bibliographiques et l'architecture détaillée du système dans un "Livre Blanc".
Devenez Éclaireur : Documentez des "territoires" dans votre langue et votre domaine sur WikiUniversity.
Menez vos Recherche : Contactez-nous pour venir collecter des données dans nos micro-classes.
Aidez nous à Co-construire : Participez sur Decidim pour définir les compétences utiles pour demain.
Je suis un donateur potentiel
Notre usage d'outils grand public (Drive, LLM standards) est un choix d'innovation frugale. Nous refusons les "usines à gaz" (LMS complexes) qui saturent la charge cognitive. Nous privilégions l'usage de prompts open source transparents, pour que l'effort se concentre sur l'apprentissage. Ce minimalisme technique garantit la scalabilité immédiate du modèle.
Harmonia Éducation est une association Suisse à but non lucratif.
Les apprenants conservent leur portfolio — il est sur leur propre Drive. Même si Respire disparaît, leurs travaux leur appartiennent. Toutes nos productions sont open source. Il sera donc possible à toute personne, société ou un institution de formation de créer de nouvelles écoles en apprenant de nos erreurs.
La transparence, c'est aussi nommer ce qu'on ne sait pas encore résoudre.
Risques avec réponses
- Dérive qualitative : Sans contrôle centralisé, la qualité varie. Réponse : Certification initiale obligatoire, supervision entre pairs, et mécanisme de retour aux sources (chaque tuteur peut solliciter un recalibrage).
- Dilution du concept : Le modèle se déforme en se diffusant. Réponse : Tronc commun non négociable sur la pédagogie de l'émergence. Documentation ouverte permettant à chacun de vérifier l'alignement.
- Adoption par les recruteurs : Les entreprises ignorent les cartographies. Réponse : Partenariats pilotes dès 2026. Si l'outil n'est pas utile, nous le saurons vite.
- Efficacité pédagogique : Le modèle n'améliore pas significativement l'apprentissage. Réponse : Validation scientifique avec la HEP Lausanne. Condition d'arrêt si échec.
Risques ouverts
- Parasitisme réputationnel : Quelqu'un fait du mauvais travail en utilisant nos ressources open source — c'est notre image qui souffre. Pas de solution parfaite : nous misons sur la lisibilité de ce qui est "Respire" et ce qui ne l'est pas.
- Dépendance technologique : Nous avons parié sur l'écosystème Google. Ces outils peuvent évoluer, devenir trop cher, ou disparaître. Acceptation lucide : notre modèle de gratuité exclut l'hébergement propre d'une IA souveraine. Nous surveillons les alternatives et documentons nos choix pour faciliter une migration si nécessaire.
- Soutenabilité financière : L'association vit de cotisations et de dons — un équilibre fragile. Horizon visé : transformation en fondation d'intérêt public pour sécuriser le financement sans compromettre la gratuité.
- Reconnaissance institutionnelle : Ces parcours n'ont aujourd'hui aucune valeur officielle. Pari assumé : nous construisons une légitimité par l'usage, pas par le diplôme.
Nous ne cherchons pas à créer une licorne EdTech.
Nous cherchons à faire société.
contact@respire.school